Bienheureuse Anna-Maria Taigi (1769-1837) : "un globe terrestre en flammes"

Présentation : 

Bienheureuse Anna-Maria Taigi (1769-1837), mère de famille italienne de sept enfants, devenue tertiaire trinitaire, fut parmi les mystiques les plus connues de son époque, auteure de prophéties recueillies par son confesseur, le cardinal Pedecini, et détaillées dans l'ample documentation accompagnant son procès de béatification. Anna-Maria disait voir des événements de son époque et de l'avenir, l'état des âmes et le destin éternel des trépassés comme dans une "lanterne magique", passant dans un soleil mystérieux constamment devant elle pendant 47 ans : "un miroir" - selon le Ciel "que je te montre pour que tu saches le bien et le mal qui se font" [1] Elle regardait ce soleil, couronné d'épines de son oeil malade qui autrement était incapable de supporter la lumière du jour. L'une des raisons pour ce don extraordinaire semble avoir été d'informer Anna-Maria des machinations des sociétés secrètes de la Papauté : en prenant connaissance grâce au soleil mystique, elle les déjouait en acceptant de souffrir en tant qu'âme-victime, "paratonnerre" de la justice de Dieu. Beaucoup de prélats et hommes d'état consultaient Anna-Maria avant de prendre des décisions importantes. Elle est avant tout connue de nos jours comme l'une des premières mystiques de la période moderne à avoir prophétisé des événements eschatologiques, dont un grand châtiment et le triomphe de l'Eglise.

Elle prédit entre autres :

  • Le retour du pape Pie VII à Rome
  • L'élection de Pie IX et les événements de son pontificat
  • L’exil et la mort de Napoléon à Sainte-Hélène 
  • Les émeutes de 1830 en Belgique et en Pologne
  • Une catastrophe planétaire débutant par des « météores épouvantables » : vision d’un « globe terrestre en flammes »
  • Des « ténèbres pestilentielles » autour de la terre (même si nous n'avons pas les textes exacts de sa propre main, les premiers biographes d'Anna-Maria parlent tous de « trois jours de ténèbres »)
  • Le Saint-Siège sera contraint de vivre des aumônes.

Extraits : 

(Cardinal Pedicini) : "Anna-Maria vit dans son soleil les massacres d'Espagne, la guerre de la Grèce, la révolution de juillet, à Paris, et la guerre de la Pologne. Elle voyait les localités, la physionomie des combattants comme dans un miroir." [2]

"Elle vit dans le mystérieux soleil la déroute de l'armée française devant Moscou au moment où elle s'accomplissait, elle me décrivit toute la défaite de Napoléon, et m'en donna des détails bien avant qu'on pût en avoir la nouvelle. Elle vit aussi sa mort à Sainte-Hélène, son lit, ses dispositions, son tombeau, les cérémonies de ses funérailles, le sort de ce prince dans le temps et l'éternité." [3]

"Anna-Maria vit dans le mystérieux soleil l'élection de tous les papes depuis Pie VII ; elle prédit leurs actes et les événements qui devaient avoir lieu sous leur pontificat, longtemps avant que ces événements s'accomplissent." [4] 

"En 1830, pendant la révolution qui mit Louis-Philippe sur le trône, Anna-Maria vit cette catastrophe, elle me donnait les détails des trois journées, jour par jour, comme si elle eût été présente, et avant que l'on pût recevoir aucune nouvelle. Elle connut et me décrivit de la même manière la révolution de Bruxelles, les batailles de la guerre de Pologne : elle me les raconta dans les plus grands détails, à mesure qu'elles avaient lieu, ainsi que les incendies, la désolation des villes et des populations ; tout cela m'était annoncé avant que la plus rapide dépêche, même télégraphique, eût pu en apporter la nouvelle." [5]

"Je me souviens fort bien qu'après la mort de Léon XII, pendant que les cardinaux étaient au conclave, et lorsque personne ne pouvait prévoir l'époque où il plairait à DIeu de consoler l'Eglise par l'élection du nouveau Pape, Anna-Maria annonça l'élection huit jours avant qu'elle fût faite, en ajoutant que le pontificat de Pie VIII serait court." [6] 

"Il plut à Dieu de lui révéler aussi que l'Eglise, après avoir traversé plusieurs douloureuses épreuves, remporterait un triomphe si éclatant que les hommes en seraient stupéfaits, et que des nations entières retourneraient à l'unité de l'Eglise romaine, et que la terre changerait de face." [7]

Position de l’Église :

Anna-Maria a été déclarée Vénérable le 4 mars 1906 et a été béatifiée par le Benoît XV le 30 mai 1920. Aucune de ses prophéties n’a été l’objet d’une quelconque mise en garde.

[1] "Questo è un specchio che io ti faccio vedere, perché capisci il bene e il male". Dans P. Gabriel Bouffier s.j., La Vénérable Servante de Dieu Anna-Maria Taïgi, d'après les documents authentiques du procès de sa béatification (Victor Retaux, 1901), p. 185. Livre consultable en ligne à gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k931587s.r=anna%20maria%20taigi

[2] Ibid., p. 210.

[3] Ibid., p. 228-229.

[4] Procès de béatification, fol. 342, cité dans Bouffier, p. 229.

[5] Ibid., p. 232.

[6] Ibid., p. 234. Juste avant sa mort, Anna-Maria dit suite à une extase que le cardinal Capellari serait le prochain pape. 

[7] Ibid., p. 237.

Plus d'informations : Sergio C. Lorit, Anna-Maria Taïgi, la sainte aux sept enfants (traduit de l'italien) livres-mystiques.com/partieTEXTES/Mariataigi/anna_maria_taigi.htm