Ste Faustine (1905-1938) : préparation au Retour du Christ

Présentation

La religieuse polonaise Maria Faustyna Kowalska (1905-1938) consigne ses très nombreux dialogues mystiques avec le Christ et la Vierge Marie dans son Petit Journal, dont certains parlent directement du Retour du Christ. Elle est avant tout connue en raison des deux versions de l'image de Jésus Divine Miséricorde peinte selon ses instructions, avec l'inscription "Jésus, j'ai confiance en toi" (Jezu ufam Tobie).  Les révélations faites par le Christ à Ste Faustine sont à l'origine du Dimanche de la Divine Miséricorde ainsi que du Jubilé de la Miséricorde (8 décembre 2015 - 20 novembre 2016) proclamé par le Pape François. 

Extraits :

Selon le Petit Journal de Ste Faustine, l'humanité se trouve devant un choix radical: choisir la "porte"de la miséricorde de Dieu, donc la voie de la répentance, ou devoir passer par la porte de Sa justice, c'est-à-dire de la colère divine. [1]

(Jésus): Écris: Avant de venir comme Juge équitable, j’ouvre d’abord toutes grandes les portes de ma miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice…" (Petit Journal, n° 1146) 

Dans la ligne de la spiritualité de St Louis-Marie Grignon de Montfort, Faustine vivra une relation particulière avec la sainte Vierge, cachée en quelque sorte sous son manteau. Notre Dame l'encourage dans sa mission, tout en faisant part à Faustine des épreuves qu’elle a dû elle-même endurer: 

"Votre vie doit être semblable à la mienne, douce, cachée, unissez-vous sans cesse á Dieu, vous devez intercéder pour l’humanité et préparer le monde à la seconde venue de Dieu." (n° 625)

"Moi, j'ai donné au monde le Sauveur, et toi, tu dois parler au monde de son immense miséricorde et préparer le monde à sa seconde venue. Il viendra non comme Sauveur miséricordieux, mais comme Juge équitable. Oh! Ce jour sera terrible! Le jour de la justice, le jour de la colère divine a été décidé: il fait trembler les anges. Parle aux âmes de cette immense miséricorde tant que dure le temps de la pitié." (n° 635)

"Une autre fois, pendant les Vêpres, une douleur me pénétra l’âme, je vois qu’à tous points de vue cette œuvre dépasse mes forces. Je suis comme un petit enfant devant l’immensité de cette tâche, et c’est seulement sur un ordre divin formel que je procède à son accomplissement, et d’autre part, même ces grandes grâces me sont devenues un fardeau et je les porte à peine. Je vois l’incrédulité de la part des supérieures et les doutes de toutes sortes et la méfiance avec laquelle on me traite pour cette raison. […] Quand par la suite, je continuais à méditer durant les vêpres sur cette sorte de mélange de souffrances et de grâces, j’entendis la voix de la Très Sainte Mère : "Sache ma fille que, quoique j’ai été élevée à la dignité de Mère de Dieu, sept glaives de douleur ont transpercé mon cœur. Ne fais rien pour te défendre. Supporte tout avec humilité, Dieu seul te défendra."" (n° 786).

Avant le "jour de justice", un signe visible sera donné au monde entier par le "Roi de miséricorde", signe semblable à celui que Ste Faustine avait déjà vu lors d'une expérience individuelle dans laquelle elle percevait l'état exact de son âme "avec le regard de Dieu" - expérience décrite par de nombreux mystiques comme l'Illumination des Consciences ou l'Avertissement:

Une fois je fus appelée au jugement de Dieu. Je comparus, devant le Seigneur seule à seul. Je vis Jésus tel qu’il était durant sa passion. Après un moment Ses Plaies disparurent. Il n’en resta que cinq, celles des Mains, des Pieds et du Côté. Aussitôt je vis exactement l’état de mon âme avec le regard de Dieu. Je vis clairement tout ce qui déplaît. J’ignorais qu’on doive rendre compte même de ses menues souillures. Qui décrira un tel moment où l’on se tient devant le Dieu trois fois Saint? (n° 36)

(Jésus): "Ecris ceci: avant de venir comme Juge équitable, je viens d'abord comme Roi de miséricorde. Avant que n'advienne le jour de justice, il sera donné aux hommes un signe dans le ciel. Toute lumière dans le ciel s'éteindra et les ténèbres règneront sur toute la terre. Alors, le signe de la croix apparaîtra dans le ciel, et, des plaies des mains et des pieds du Sauveur, jailliront de grandes lumières qui, pendant quelque temps, illumineront la terre. Ceci adviendra peu de temps avant le dernier jour." (n° 83)

La Pologne aurait un rôle particulier à jouer dans la préparation du monde au retour du Christ, comme le souligne une citation devenue célèbre (l'"étincelle" étant interprétée par certains comme prédisant le pontificat de Jean-Paul II [2], quoique cette interprétation n'exclut pas une application plus large):

"J'ai particulièrement aimé la Pologne, et, si elle obéit à ma volonté, je l'élèverai en puissance et en sainteté. C'est d'elle que jaillira l'étincelle qui préparera le monde à mon ultime venue." (n° 1732) [3]

Une lecture des dialogues entre Faustine et Jésus montre également l'impact de l'intercession des justes sur le cours de l'histoire. Le 16 décembre 1936, la religieuse note:

"J’offre ce jour pour la Russie. J’offre pour ce pauvre pays toutes mes souffrances et mes prières. Après la Sainte Communion Jésus me dit : "Je ne peux plus tolérer ce pays. Ne me lie pas les mains, ma fille!" Je compris que, si ce n’étaient les prières des âmes agréables à Dieu, toute cette nation serait déjà anéantie. Oh! Comme je souffre pour ce pays qui a chassé Dieu de ses frontières!" (n° 818)

NOTES:

[1] Il est intéressant de voir que cette image des deux portes est préfigurée dans les extases de la stigmatisée bretonne Marie-Julie Jahenny, où elle est attribuée à St Michel l'Archange.

[2] L'élection et la mission historique de Jean-Paul II semblent avoir directement prophétisées par le mystique napolitain Don Dolindo Ruotolo (1882-1970) dans un message se trouvant au verso d'une carte portant l'image de "Maria Regina Gloriosissima" adressée au diplomate polonais Witold Laskowski et datée le 2 juillet 1965:

"Marie à l'âme. Le monde va vers sa ruine, mais la Pologne, comme au temps de [Jean]Sobieski, par la dévotion, sera aujourd'hui comme les 20 mille qui ont sauvé l'Europe et le monde de la tyrannie turque [en 1683]. Maintenant c'est la Pologne qui libérera le monde de la terrible tyrannie communiste. Un nouveau Jean surgira qui brisera de manière héroïque les chaînes au-delà des confins imposés par la tyrannie communiste. Retiens cela. Je bénis la Pologne. [...]"

Une copie de la carte a été retrouvée en 1978 et authentifiée le 24 mars 1979 par l'évêque slovaque Pavel Hnilica (1921-2006). Par contre, il fallait attendre 2005 pour retrouver l'original chez la Soeur Eugenia Giussani, qui assistait Mgr Hnilica dans ses derniers jours. 

Plus d'informations: https://it.aleteia.org/2020/09/30/profezia-don-dolindo-giovanni-paolo-ii/

[3] La vocation particulière de la Pologne est aussi soulignée dans les déclarations prophétiques du Vénérable August Hlond (1881-1948), Primat de Pologne à l'époque de Ste Faustine:

"La Pologne ne vaincra pas par les armes, mais par la prière, la pénitence, un grand amour du prochain et par le Rosaire. Il faut avoir confiance et prier. L'unique arme par laquelle la Pologne aura la victoire, c'est le Rosaire. Lui seul sauvera la Pologne de ces moments terribles par lesquels des nations pourraient être punies pour leur infidélité envers Dieu. La Pologne sera la première à connaître la protection de la Mère de Dieu. Marie protégera le monde de la destruction totale. Que tous se tournent vers la Mère Très Sainte, priant son aide et sa protection sous son manteau. Le grand triomphe du Coeur de la Mère de Dieu aura lieu, et ce sera seulement après que le Sauveur règnera sur le monde à travers la Pologne." (10 octobre 1948, Eglise St Anne, Varsovie)