Soeur Josefa Menéndez (1890-1923) : "mon Règne arrivera"

Présentation :

Née à Madrid en 1890 au sein d'un foyer chrétien, Josefa Menéndez travaille en tant que couturière afin de subvenir aux besoins de sa famille, réduite à la pauvreté. Après la mort de son père en 1912, elle veut devenir Soeur Réparatrice, mais juste avant de prendre l'habit, sa mère la rappelle à la maison, comme elle le fera une deuxième fois en 1917 quand Josefa est admise au noviciat de Charmatin. En 1919, elle fait un second essai et se voit refusée, avant de découvrir que la Société du Sacré-Coeur cherche des vocations pour le noviciat aux Feuillants à Poitiers, où elle entre le 5 février 1920. C'est aux Feuillants où elle aura des expériences spirituelles qu'elle consignera dans Un Appel à l'Amour (Un Llamamiento al Amor), un des textes majeurs de la mystique moderne. Les enseignements que lui donne le Christ sur son Coeur renouent avec les révélations à Ste Marguerite-Marie Alacoque (canonisée en 1920), prenant en quelque sorte le relais d'autres mystiques du Sacré-Coeur en France : Edith Royer (1841-1924), Marcelle Lanchon (1891-1933) et Claire Ferchaud (1896-1972). En même temps, les passages sur la Miséricorde Divine chez Soeur Josefa rappellent les écrits de Ste Faustine (1905-1938) ou de Soeur Consolata Betrone (1903-1946), tandis que les références au Christ-Roi anticipent les révélations à Soeur Olive (1906-1968) et Rozalia Celakowna (1901-1944). Josefa Menéndez meurt en décembre 1923 à l'âge de 33 ans. 

Extraits :

C'est quelques mois avant sa mort en décembre 1923 que Josefa Menéndez reçoit une série de paroles du Seigneur pour Mgr de Durfort, évêque de Poitiers (venu au diocèse en 1918 à la place de Mgr Humbrecht, qui avait soutenu la jeune Claire Ferchaud) explique la relation entre le Sacré-Coeur et la Miséricorde de Dieu :

"Je suis l'Amour! Mon Cœur ne peut plus contenir la Flamme qui Le dévore. J'aime à tel point les âmes, que J'ai donné ma vie pour elles. Pour leur amour, J'ai voulu rester emprisonné dans le Tabernacle. Depuis vingt siècles, Je demeure là, nuit et jour, voilé sous les apparences du Pain et caché dans l'Hostie, supportant, par amour, l'oubli, la solitude, les mépris, les blasphèmes, les outrages, les sacrilèges.... Pour l'amour des âmes, J'ai voulu leur laisser le Sacrement de Pénitence, afin de leur pardonner, non pas une fois ou deux, mais aussi souvent qu'elles auront besoin de recouvrer la grâce. Là, Je les attends... Là, Je désire qu'elles viennent se laver de leurs fautes, non avec de l'eau, mais dans mon propre Sang. 

Au cours des siècles, J'ai révélé, de différentes manières, mon Amour pour les hommes: Je leur ai montré combien le désir de leur salut Me consume. Je leur ai fait connaître mon Cœur. Cette dévotion a été comme une lumière répandue sur le monde. Elle est aujourd'hui le moyen dont se servent, pour toucher les cœurs, la plupart de ceux qui travaillent à étendre mon Règne. Je veux maintenant quelque chose de plus, car si Je demande l'Amour pour répondre à celui qui Me consume, ce n'est pas le seul retour que Je désire des âmes: Je désire qu'elles croient en ma Miséricorde, qu'elles attendent tout de ma Bonté, qu'elles ne doutent jamais de mon Pardon. Je suis Dieu, mais Dieu d'Amour! Je suis Père, mais un Père qui aime avec tendresse et non avec sévérité. Mon Cœur est infiniment Saint, mais aussi infiniment sage et, connaissant la misère et la fragilité humaines, Il s'incline vers les pauvres pécheurs avec une Miséricorde infinie.

[...] "Voilà ce que Je désire expliquer aux âmes: J'enseignerai aux pécheurs que la Miséricorde de mon Cœur est inépuisable; aux âmes froides et indifférentes, que mon Cœur est un Feu qui veut les embraser, parce qu'Il les aime; aux âmes pieuses et bonnes, que mon Cœur est le Chemin pour avancer vers la perfection et arriver en sécurité au terme bienheureux. Enfin, aux âmes qui Me sont consacrées, aux prêtres, aux religieux, à mes Ames choisies et préférées, Je demanderai, une fois de plus, qu'elles Me donnent leur amour et ne doutent pas du Mien, mais surtout qu'elles Me donnent leur confiance et ne doutent pas de ma Miséricorde! Il est si facile d'attendre tout de mon Cœur."

Puis le 12 juin 1923 :

[Jésus]: "Je veux pardonner. Je veux régner. Je veux pardonner aux âmes et aux nations. Je veux régner surles âmes, sur les nations et sur le monde entier. Je veux répandre ma Paix jusqu'aux extrémités du monde, mais, d'une manière spéciale, sur cette terre bénie, berceau de la Dévotion à mon Cœur. Oui, Je veux être sa Paix, sa Vie, son Roi! Je suis la Sagesse et le Bonheur, Je suis l'Amour et la Miséricorde, Je suis la Paix, Je régnerai!

Pour effacer son ingratitude, Je répandrai un torrent de Miséricorde. Pour réparer ses offenses, Je prendrai des victimes qui obtiendront le pardon.... Oui, il y a dans le monde beaucoup d'âmes qui désirent Me plaire.... Il y a encore des âmes généreuses qui Me donneront tout ce qu'elles ont, afin que Je Me serve d'elles, selon mes Désirs et ma Volonté.

Pour régner, Je commencerai par faire Miséricorde, car mon Règne est de Paix et d'Amour: Voilà la fin que Je veux réaliser, voilà mon Oeuvre d'Amour!" (12 juin 1923)

"Josefa, ne crains rien. Ne sais-tu pas ce qui arrive lorsque s'ouvre un volcan? La puissance de ce feu est si grande qu'elle est capable d'arracher les montagnes et de les détruire, et l'on connaît qu'une force irrésistible a passé par là. Ainsi, mes Paroles auront une telle force et ma Grâce les accompagnera de telle manière, que les âmes les plus obstinées seront vaincues par l'Amour.

La société est pervertie, lorsque ceux qui sont à sa tête n'agissent, ni dans la vérité, ni dans la justice. Mais si son Chef sait la diriger, plusieurs sans doute suivront encore les voies tortueuses, mais la majorité viendra en masse à la lumière et à la vérité.... Je le répète, ma Grâce accompagnera mes Paroles et ceux qui les feront connaître. La Vérité triomphera, la Paix gouvernera les âmes et le monde... et mon Règne arrivera !" (17 juin 1923)

Un deuxième message pour l'évêque est reçu le 13 novembre 1923 dans lequel le Sauveur rappelle le rôle de la France dans la propagation de la dévotion à son Coeur et indique le grand impact qu'auront ses paroles à Soeur Josefa qui seront imprimées après sa mort : 

"[...] Je veux que le désir et le besoin de réparer se réveillent et grandissent parmi les âmes fidèles et les âmes choisies, car le monde a péché.... Oui, le monde, les nations excitent, en ce moment, la colère divine. Mais Dieu qui veut régner par l'Amour, s'adresse à ses âmes choisies et spécialement à celles de cette Nation. Il leur demande de réparer, d'abord pour obtenir le pardon, mais surtout pour attirer de nouvelles grâces à ce Pays qui a été le premier, Je le répète encore, à connaître mon Cœur et à répandre cette dévotion.

Je veux que le monde soit sauvé... que la paix et l'union règnent en lui. Je veux régner et Je régnerai par la réparation de mes âmes choisies et par une nouvelle connaissance de ma Bonté, de ma Miséricorde et de mon Amour.

Mes Paroles seront Lumière et Vie pour un nombre incalculable d'âmes. Toutes seront imprimées, lues et prêchées, et Je leur donnerai une grâce spéciale, afin qu'elles éclairent et transforment les âmes."

Position de l'Eglise : 

Après la mort de Soeur Josefa, la Société du Sacré-Coeur commencent à diffuser ses écrits - publiant d'abord un livre de 145 pages pour les seules religieuses (1926). En 1929 il est convenu par Mgr de Durfort ainsi que le Cardinal Merry del Val, protecteur de la congrégation du Sacré-Coeur, et ensuite le Cardinal Pacelli (avril 1930), futur Pie XII, qu'il faudrait un signe du Ciel avant de procéder avec la diffusion de la biographie de Soeur Josefa (550 pages). C'est après la vérification de la guérison soudaine et durable d'une religieuse missionaire suite à une neuvaine à Josefa que le Cardinal Pacelli autorise la parution du livre Un Appel à l'Amour, envoyant une lettre autographe à Mère Vicente, Supérieure Générale de la Société du Sacré-Coeur : 

"Ma Révérende Mère, Je ne doute pas que le Sacré-Coeur de Jésus n’ait pour agréable la publication de ces pages, toutes pleines du grand amour inspiré par sa grâce à sa très humble servante Maria-Josefa Menendez ; puissent-elles contribuer efficacement à développer en beaucoup d’âmes une confiance toujours plus complète et plus aimante dans l’infinie miséricorde de ce Divin Coeur envers les pauvres pécheurs que nous sommes  tous. C’est le voeu que je forme en vous bénissant, vous et toute la Société du Sacré-Coeur." (mars 1938) 

La même année, le premier livre d'Un Appel à l'Amour sort avec l'Imprimatur de Mgr Salière, archevêque de Toulouse. 

Plus d'informations et texte complet : https://www.oeuvre-du-sacre-coeur.be/?lang=fr